Montées des froids

 

 

 

A toi… je peux bien jurer…
sur ce que mon bleu saisi de plus précieux dans le vivant déployé
et ses parcelles d’espérance jetées à travers mondes
que parfois la colère submerge notre pied à ciel,
en vagues de terre elle malmène les flots de conscience,
ça colle aux yeux, ça poisse l’espoir
et dans cette montée des froids
on s’en veut autant qu’on en veut à la source
qui nous frisonne de honte grêle.

Je te l’assure, c’est idiot… mais oui c’est vrai…
que je les espérais un peu des nôtres
ces autres
dont je croisais des grains de tendresse mis en politesse
au carrefour de mes détours,
aux nervures de nos fêlures fossilisées de l’existence.
J’espérais tu sais…
voir le courant de leur mémoire effacée
s’inverser
face à l’extrême nécessité d’élancer
nos mains tendues pour se souvenir
de ce que nous avions appris
des profondes entailles infligées
à la chaire torturée
de notre uni vers,
mais de tout ce que le regard croise
de leur part d’obscure
je me fais réceptacle volontaire
des puanteurs remontant de leur plaie au cœur.

Derrière cette prise de liberté à déverser leur haine
sous couvert d’opportunité à exprimer
à visage masqué de million de pixels,
rode la bête avide
d’assouvir leur instinct bien humain
de se nourrir de la puissance du pire.

Explique moi, toi, pourquoi,
ils sont si prompts à porter haut le drapeau
de l’assassinat de leur corps empathiques
cloués à la croix symbolique de leurs angoisses,
ils gangrènent nos possibles accords
en maux psychosomatiques
dans l’urgence d’une reconnaissance
de leur ego en souffrance,

enlève moi cette image qui s’agite dans mes nuits
celle de voir se planter en piqué droit debout
leurs âmes prostituées aux premier marchand de sable,
vendeur de résidences où baiser avec le diable
que l’on porte en soi, qui n’est autre que feu de soi,
ils déposent sa semence sur l’avenir
éjaculant des murs de haine à la bouche ouverte
dévoreuse de qui s’aventurerait à demander un laisser transiter
vers un vivre mieux le temps qui nous est imparti,
ensemble…

Mais…
dis moi toi,
peut-il en être autrement
aux croisement des yeux
de tous ces gens
qui étalent leur dedans
aux relents de macération
de leur conditionnement
à avoir peur,
embarqués dans une guerre
froide de noblesse de cœur?

En serait-il autrement
devant leurs portes fermées sur
leurs alcôves recelant l’intime reflet
de leurs chutes ,
gardant précieuses les bombes d’élans
à tant écraser
celui qui quête sa liberté d’envol
vers le partage d’identité en cours d’écriture?

Ils me donnent l’impression de s’aimer tu sais…
dans leur semblant de victoires
en armes le venin craché sur le désespoir
des êtres qui fuient le noir,
justifiant leurs batailles d’un être né
de quelque parts inégales
comme un acquis de faire valoir leurs exutoires.

Témoin de leurs aversions tatouées
sur les corps frémissant de liberté
ils me torturent l’espérance.
Leur frustration de ne pouvoir arracher
les ailes déployées des oiseaux égratignés
lors du voyage contre l’oubli,
se transforme en forces décuplées
à broyer toutes formes de résidus d’émotions
qui pourraient noyer leur petitesse
dans l’insignifiance d’une vie violée
par son sentiment de supériorité
issue de l’idée d’une race dominante
vectrice d’empire de non sens
et d’interdit à nous peindre
en arcs en ciel.

Vois-tu comme j’enfouis mes mains dans la vase
pour y remuer les murmures des méandres,
les nébuleuses de nos trous noirs
en recherche d’un chemin, d’une ouverture
un sillon d’air, un rai de lumière,
j’aimerais ne pas voir céder
nos rives protectrices des esprits
qui sautillent sur les étoiles
qui dansent sous les rayons des astres fous
enivrés de la force motrice des énergies bienveillantes
sans cesse fragilisées du flux humide qui se perle aux yeux.

Prendras-tu ma main
pour m’emmener voir ce que tu te souviens de demain
à la croisée des chemins de nos intuitions
de voir tourner le vent porteur de nos flammèches
d’harmonie à composer l’air joli
d’une réminiscence de communion infinie….?

 

03/10/15

photo, texte, voix : Bérénice.L

2 réflexions sur « Montées des froids »

  1. Un petit chef d’oeuvre dans lequel vous dénoncez les travers humains aussi subtilement que nous souhaiterions le faire. Un beaume sur notre désarroi. Merci.

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