lettre aux mages

 

 

A nos enfants,
on fait mensonges,
on leur offre des lettres-mages
pour écrire dans les nuages
leurs plus beaux songes,
tordre le coup à la tristesse des choses.

De nos papiers de soi
ils en font des collages
y’a des bouts qui s’envolent,
pour nous, parfois, c’est mauvais présage,
d’un temps qui passe au tant d’aimer,
ils nos effeuillent nos certitudes
en plantant aux yeux de nos coeurs
les racines
d’ « hé vie danse! »

Si nos lambeaux de peines
rejoignent en larmes nos ciels
d’adultes,
ils prennent les armes
à bras d’innocence,
ils les transforment en étoiles filées
les élancent vers des contrées
qu’on leur a contées hier en espérance.

Si on sait les regarder,
ils inondent aux vagues du sel de leur rire
nos galères pour les faire voguer en voiliers,
pour noyer le pire,
et boussole retrouvée,
cap sur l’à venir!

Petits flibustiers à la fronde espiègle,
ils y placent des cailloux magiques
ouvrant les portes menant sur les petits ponts
d’entre-mondes.

Ils ont ce don de retourner les cadrans,
de faire pause au temps,
ils font soleils au ciel gris des grands
juste par éclats de vie vermeils
dans leur chasse aux merveilles.

Les formes inquiétantes, dans l’ombre,
nous on les transe en pas de danse,
pour chasser leurs sorcières en nombres
et en arrière se fond
une chanson douce,
de petits pouces
en petits pouces levés,
pour une avancée aventurière
entre petites guerres
et grande paix,
câlins sur le canapé
buvard au chagrin présent
pour un sourire grand
caressant deux mains
ouvertes au tant à conjuguer.

Un enfant dans ses petites failles
à l’écouter, vraiment,
fait pousser les bras de tendresse,
creuse les rides de sagesse,
et unifient à nos bois d’adultes
nos cœurs à la forêt du prendre soin
si on regarde bien,
sans mentir.

Miroir de cœur, miroir d’absence,
plus on est nombreux à les aimer,
plus ils font miroir de société
d’un vivre ensemble
à amour déployé.

Aucun enfant ne mérite les coups
du sort, de la lignée, de la fatalité
aucun enfant ne devrait dormir
dehors.

On se torture à savoir comment,
il faut faire
y’a tant à dire
y’a tant à taire
tout à apprendre
tout à laisser
avant de partir
aux rhizomes de la mémoire.

*

*

photo, voix, texte : Bérénice.L

*

Paris, « la ville lumière » ou « la belle endormie » (…)
chaque soir 500 enfants dorment aux bras froids de ses rues.

Lyon, « capitale de la gastronomie » (…)
300 enfants SDF 

Toulouse, « ville rose » (…)
130 enfants dorment à la rue 

*
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31 décembre 2017 

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