Au champs des pierres

 

 

Dans le ciel dégagé
d’une nuit d’automne,
quatre corps d’acier
contre une âme de fée,

une étoile filante,
qui fait de la résistance
dans le ciel abîmé
leurs bruits intrusifs,
incisifs,
pissant dans le ciel
leur hydro carburant,
en flagrant délit de vol
de ce qu’ils ont manqué
par leur devoir d’effacement
à faire beauté
au silence,

et elle,
elle passe très vite,
elle passe sans bruit,
au ciel de celui
qui veut l’attraper
d’un regard
se perdant à l’espoir
sans jamais parvenir
à la saisir,
des vœux élancés
elle emporte bonheur
parait-il.

Sans jamais la toucher,
elle embrasse la lune,
qui parait si petite, si fragile,
dans ses ombres de fortune,
dans tout ce qu’elle contient de brume,
elle fait contact sans impact
une tendresse fulgurante,
un mouvement sans toucher,
une parole offerte
sans mots prononcés.
Et des espérances humaines
elle se sait sœur,
dans les mondes d’à côté
se toucher ce serait se brûler.

Elle visite nos terres
précieuses
elle force à la bouche
de se taire,
elle secoue en bruits
du dedans
nos murailles
de sentiments,

elle prie pour ces lieux
qui deviennent si communs
aux humains,
à force de tant d’accostages
et de souillures aux cœurs des étant
où pourrissent nos envies
d’avoir,
de revendre,
de soumettre et de soustraire,
témoin de leur âme de pilleurs
de lumières sans manière
et sans savoir vivre
pour en échanger leurs ombres
devenues fer de lance
contre quelques richesses éphémères,

alors les filantes deviennent étoiles
juste pour l’espoir.

Les étoiles se foutent pas mal
du destins des hommes,
mais parfois il y en a une
toute esseulée
qui si l’on sait écouter
nous rappelle les règles
de l’immuable et du mutable,
qui décide de se sacrifier
sourire au cœur,
triste,
mais sourire quand même
en filant semant
ses grains de beauté
à leur ciels tout encombrés.

Elle emporte nos trésors,
ceux de nos rêves d’enfant,
avant que l’on devienne borgne,
les accouche au sable déposé par le ciel
né de l’alliance, en frôlement de tendresse,
entre un arc en ciel et la mémoire du vent,
elle les cache juste là
dans les graines semées
attendant d’être retrouvés
dans un mouvement de corps
inhérent
à ce que le cœur sait deviner.

Et voilà donc que le froid s’engage naturellement
à tenir sa promesse de faire saison
aux cycles des floraisons
et aux cycles de ce qui s’éteint
indéniablement.
Comme témoin des orages
des vies de passage,
il se fait linceul d’étincelles,
des frottement d’existences
il accompagne ses ailes
dans son ultime vol
pour qu’elle finisse sa course
au pré, cachée,
en pierre silex,
au champs des découvertes
gardienne des souvenirs
et des fatals oublis
elle offrira à offrir
son silence
comme écrin de persistance.

*

28 octobre 2017

photo et texte : Bérénice.L

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