Moins 8 degrés
affichent les cadrans des banques, des pharmacies,
moins 6 pieds sous terre dans la boussole du ressenti,
fait faim, fait froid,

il y a celui qui a la faim au corps
qui lui grignote le ventre
et dans nos ombres fulgurantes
celui qu’on laisse crever à nos bas côtés,
en bassesses cotées aux chemins de l’humanité,

de celles qui résonnent le « chacun sa veine,
ça fait déjà beaucoup à donner
que de m’occuper de moi m’aime
et de mes petites peines
à boucler la fin du mois
devant l’écran plat,
l’autre attendra bien
le prochain train d’émois »

Et
aussi,
il y a celui qui a la fin à la tête
qui ne parvient plus
même si bien vêtu
à rassembler ce qui s’est cassé
du miroir de ses rêves échoués
aux plages dorées qui n’étaient que rocs gelés,
il ne tremble pas du corps lui sous la neige
sauf dans son regard,
où la petite lumière s’éteint
sous le souffle du constat
qu’il a fait la catin
du pouvoir Avoir
pour amasser femmes poupées et dollars.

Il y a celui qui a froid
d’indifférence en reflet
de nos flux tendus
sur son corps ralenti
par sa vie qui fuit,
son corps jeté là
aux bancs de la vie.

Et
aussi,
il y a celui qui a froid
à sa tête peuplée de solitude
derrière son semblant d’avoir l’air
celui qui sait pas s’il faut ou faux pas,
qui laisse le temps le regarder
dans son jamais à se décider
à franchir le pas.

Chacun a la peur aux yeux
et le regard flou
qui creusent d’avantage le terrain
du cœur plus que celui des joues
où ils s’enlisent au présent
entre hier et plus loin,

et leurs bras tombent,
leurs jambes se détachent
devant des lacs à franchir
aux vagues rouges sang
recrachant aux pieds du présent
les actes manqués
qui ont figé leur volonté
aux bancs de la rue.

On leur dit de traverser bon sang!
Que c’est pas si compliqué,
suffit de vouloir avancer!
mais ils ne savent pas ces autres…
qu’ils ne savent plus nager
à l’onde des possibles de meilleurs lendemains.

Petite gangrène
de celle bien réelle,
pas virtuelle,
des âmes isolées de l’intérieur
exposées au vent glacial
de nos rues communes.

photo, voix, mots : Bérénice.L

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.